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Les Jeunes et le Vélo

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Sur la page :

Dernières Infos :

Revue de presse du 26 juillet 2020.


26ème Tour du Tarn cadets (2019) : une expérience unique pour de futurs champions !

Extraits de La bible du cyclisme : Le guide scientifique et pratique pour tous.
De Christian Vaast

Différentes Catégories en FFC – FSGT et UFOLEP

Ecoles de vélo (Ecoles de Cyclisme)

Les écoles de Cyclotourisme

Les Forums : (Conseils)
Le Cyclisme et les jeunes
Votre parcours de cycliste (Différentes expériences vécu) 

Interview Cyrille Guimard. « Sur les jeunes, on a deux ans de retard ! » (Octobre 2019)

La Grande Interview : Clément Bétouigt-Suire. Direct Vélo Novembre 2018. « Arrêtons de vendre du rêve aux jeunes » ! Témoignage.

Mon avis personnel : Les Jeunes et le cyclisme aujourd’hui (2018)
Extraits de mes Mémoires vélo.


Les jeunes en stage

Revue de presse Publié le 25/07/2020 La Dépêche du Midi

Afin de faire un point le Comité départemental a décidé de regrouper tous ces jeunes minimes (13/14 ans) et cadets (15/16 ans) en stage. C’est à Campsas que tous se sont retrouvés en compagnie des filles du Tarn. Encadrés par Valentine Badiano, conseiller sportif départemental, Alexandre Roustain, brevet d’état, et Claudia Carceroni Gilles (ancienne championne du monde), les coureurs ont pu se tester avec un court contre-la-montre et une sortie dans les coteaux ; tout cela dans le but de préparer la manche de la Coupe de France des régions grand sud-ouest (GSO) qui se déroulera à Bouglon (Lot-et-Garonne) le 15 août. Le département y présentera une équipe cadet et s’associera au Tarn pour les cadettes. Les minimes étaient présents également car l’année prochaine la majorité changeront de catégorie et le but de ces stages est d’acquérir des outils et des conseils qui vont leur permettre de progresser. De l’avis des encadrants, cela a permis d’établir un rapide bilan sur l’état de forme, de fédérer le groupe et aussi de préparer l’année 2021. Jean-Pierre Audard.

 


26 ème Tour du Tarn cadets (2019) : une expérience unique pour de futurs champions !

Article Le Mag Sport (Article publié en Mars 2019)

Voilà 26 ans, qu’une idée folle, saugrenu, sortie de la boite crânienne d’un homme entreprenant et  plein de bienveillance, venait casser les codes dans l’organisation des courses cyclistes pour les cadets. Créer une course par étapes avec tout le décorum qui s’impose. Des maillots distinctifs de leader du général, du meilleur sprinter, du meilleur grimpeur, le classement par équipe, du meilleur cadet 1ère année, de la meilleure féminine, le service médical, les voitures de dépannage, le camion balai….seule différence avec les grands, le classement général se fait par l’addition de points, à partir des résultats obtenus dans les 6 étapes qui composent le Tour du Tarn cadets entre les mois de mars et de  septembre. Première étape de l’édition 2019, ce dimanche 24 mars, elle  conduira les coureurs en herbes de Saint Pierre de Trévisy à Puygouson-Creissens sur une distance de 70 km et sur parcours très vallonné.
Retour sur une aventure peu commune et sans pareil.
Une épreuve qui révèle de futurs grands champions !
Les tarnais  Stéphane Poulhies (ex AG2R La Mondiale, Saur Sojasun, Cofidis et Armée de Terre) ,et Lilian Calmejane aujourd’hui chez Direct Energie , le toulousain Maxence Moncassin, fils de Frédéric, actuellement chez les italiens d’Amore&Vita ou encore le coureur franco-russe Pavel Sivakov (Sky) et passé par la BMC ont tous un point commun. Ils connurent leurs premiers frissons de champions cyclistes en remportant le Tour du Tarn Cadets.
Pour Pavel Syvakov  sous les couleurs de St Go Cyclisme Comminges, il aura l’occasion de remporter la course en 2011 alors cadets 1ère année et en 2012, devant le regretté ruthénois Etienne Fabre. Membre de l’équipe AG2R La Mondiale accidentellement décédé en 2016. Il est aujourd’hui considéré comme un plus grand espoir du cyclisme international.
André Miquel père fondateur du Tour du Tarn cadets
Cette épreuve unique en son genre a été fondée par la volonté d’un homme André Miquel. Ancien coureur régional de bon niveau, dans les années 60, sociétaire de l’US Carmaux, André Miquel embrassera une carrière d’enseignant après avoir fait de brillantes études au Lycée Louis Rascol à Albi. En parallèle, alors que sa silhouette s’épaississait, toujours passionné par le vélo,  il devient commissaire de courses, puis dirigeant de club, puis organisateur de courses cyclistes.. En 1992, il quittera Châteauroux où il passera une grande partie de sa carrière professionnelle, pour revenir  au pays.  Il aménagera à Arthès,  avenue André Billoux ( ancien député et co-fondateur du Trophée des Cimes de Sérénac)  pour couler de vieux jours et profiter d’une retraite paisible.
Mais, il est rattrapé par ses anciens copains du peloton, Henri Falcou, Pierre Antonini, André Giordano,  en tête, ils amènent André Miquel  dans la roue direction le club local du  Saint-Juéry Olympique et le  Comité Départemental de Cyclisme du Tarn. Il fera  partager son expérience de dirigeant acquise dans l’Indre. Il est connu pour sa franchise, sa gouaille et son accent rocailleux. Robert Vidal (UV Mazamet),  Gérard Thomas  (le père de Benjamin et Adrien), représentant le VC Lavaur, et ses copains du SJO, Pierre Morcillo, Louis Chluda et Paul Andouard  écoutent ce sachant dire « qu’il est lassé de voir, ,d’organiser, et  de superviser des courses de cadets  qui font  tourner  les gosses autour du clocher du village, sur des circuits fermés et répétitifs qui se ressemblent tous d’un dimanche sur l’autre » et il rajoutait avec sa voix de baryton et d’un ton prémonitoire   » ce n’est pas avec des courses stéréotypées, sans profil, sans relief,  qu’on trouvera le futur Bernard Hinault »…
Constat cruel, constat amer mais constat bien réel…
Il connaissait les attentes des ados, son métier lui permettait d’avoir une réflexion globale, sur l’éducation, le savoir, la transmission, la passion. Les jeunes  devaient faire du cyclisme, mais devaient rêver, devaient s’identifier aux champions de la discipline.
Donc, décision est prise par le Comité Départemental un soir d’hiver à Réalmont,  de confier  à André Miquel la création et l’organisation ‘  d’une course cycliste par étapes pour disait-il « que les jeunes cyclistes aient  des étoiles dans les yeux ». Chaque club aura en charge l’organisation d’une épreuve en ligne,  de ville à ville, un classement général sera fait, on retrouvera un meilleur sprinter et meilleur montagnard, etc…des maillots distinctifs seront remis au départ de chaque nouvelle étape… Toute ressemblance  avec une épreuve cycliste estivale est purement fortuite !
Jacques Esclassan alors Conseiller Général pose son « imprimatur », Francis Auriac avec son expérience des courses professionnelles apportera son concours, le mécène Saint-Juérien Jean-Marie Moré versera les premiers francs, et fournira les véhicules d’encadrement de la course.
Quelques réticences fédérales venaient en vain rappeler que le règlement (poussiéreux) c’était  le règlement, et qu’André Miquel ne pouvait organiser une épreuve qui mettrait  en danger  » les jeunes coursiers sur des routes ouvertes à la circulation »… André Miquel au physique de sénateur de la III ème république n’écoutera que son cœur, son épouse et et ses fidèles amis, le Tour du Tarn cadets, épreuve cycliste par étapes verra le jour.
Depuis, André Miquel nous a échappés, mais son oeuvre perdure, elle produit aux gamins une immense joie de pouvoir ressembler aux champions cyclistes d’aujourd’hui.
Stéphane, Lilian, Pavel, Maxence, la relève du cyclisme national et international  arrive, elle roulera, tout comme vous,  dimanche entre Saint Pierre de Trévisy et Puygouzon-Creissens , avec le  concours et  la bienveillante protection d’André Miquel.
Le Borgne. https://le-mag-sport.com (Mars 2019)

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Extraits de La bible du cyclisme : Le guide scientifique et pratique pour tous.
De Christian Vaast

Le cyclisme est l’un des meilleurs sports qui soient et les huit millions de pratiquants en France prouvent que l’on peut bénéficier de ses bienfaits à tout âge. Si vous avez décidé de pratiquer ce sport, vous avez fait un bon choix, car il s’agit de l’un des rares que l’on puisse commencer dès la plus tendre enfance et poursuivre jusqu’à un âge avancé, à condition de respecter certaines règles en rapport avec son âge.
Les enfants commencent le vélo souvent très jeune, parfois avec des roues stabilisatrices, parfois sur un tricycle, ce qui leur permet d’acquérir le mouvement de pédalage. Puis, rapidement, l’équilibre est trouvé et, dès l’âge de 4-5 ans, les jeunes découvrent les plaisirs du vélo à deux roues, qui fait partie de l’école de la vie en général. La pratique du cyclisme peut débuter dès 6-7 ans dans les écoles de cyclisme, appelées aussi écoles de vélo. Certains clubs prêtent même des bicyclettes et fournissent parfois un équipement pour éviter trop de frais aux parents. Les jeunes participent à des initiations, à des jeux mais aussi à de petites compétitions. Les distances, les durées et les braquets sont limités. Ils peuvent également apprendre les rudiments du cyclo-cross, de la piste ou du BMX (ou bicross).
Les bienfaits sont alors psychologiques – respect des règles, des autres cyclistes, des éducateurs, approche de la notion de compétition, de la vie en groupe ou en équipe -, mais aussi physiques – musculaires, articulaires, cardiaques, pulmonaires. Les enfants apprennent l’équilibre, l’agilité, l’adresse et développent leurs réflexes et leur sens de l’observation. Les enfants ont un potentiel physique insoupçonné. Il n’y a qu’à les voir s’agiter en tous sens, à chaque instant de la journée, pour en être persuadé. Un enfant particulièrement nerveux trouve son compte dans la dépense physique du cyclisme.
Si, dès l’âge de 6 ans, les enfants sont capables de rouler sur un vélo et de faire des jeux cyclistes, il est parfois difficile de trouver les adultes formés pour les encadrer. L’idéal est de les inscrire dans un club qui dispose d’une école de cyclisme. Les premières années d’entraînement et de compétition sont organisées de manière ludique (jeux), sans contraintes de résultats ni d’objectifs physiques.
Le problème vient parfois de certains parents qui ne comprennent pas le rôle éducatif du moniteur de l’école de cyclisme dans le cadre de l’apprentissage du vélo. Ils veulent toujours que les jeunes en fassent plus. A cet âge, il ne s’agit certainement pas de les transformer en bêtes de compétition mais plutôt en maître cycliste. La compétition n’est pas une priorité, même si elle est naturelle : il ne faut pas pousser prématurément les jeunes enfants dans cette direction. Des classements inter-écoles existent bien et certains parents abordent ces épreuves comme s’il s’agissait des championnats du monde…
L’objectif réel est plutôt la rencontre d’autres enfants et la confrontation de savoir-faire.
Le projet pédagogique d’une école de cyclisme repose sur cette base très simple : la maîtrise du vélo en s’amusant. Il ne faut pas croire que votre enfant sait faire du vélo une fois que vous lui avez enlevé ses petites roues. Un vélo, cela se conduit dans un environnement qui lui est, a priori, hostile : voitures, bus, camions… il faut apprendre à y évoluer en toute sécurité et cela passe par une maîtrise totale de l’engin. Des éducateurs brevetés par les Fédérations sont là, présents dans tous les clubs, pour aider les enfants à progresser, sans doute davantage qu’en suçant la roue arrière du papa. Et tout se passe dans des conditions de sécurité optimales, casque obligatoire sur la tête. Pour ne pas écœurer les enfants, d’abord là pour prendre du bon temps, la formation doit donc être la plus ludique possible. Tous se fait à base de jeux. Jamais de tableaux noirs ni de leçons à apprendre. Et quand l’enfant est fatigué, il faut le laisser tranquille, ne jamais le forcer. Tout commence par le développement des notions d’équilibre et de maîtrise du vélo dès 6 ou 7 ans : la première étape de la formation, un passage obligé avant la route à partir de 10 ans. Il faut d’abord travailler l’adresse et la maîtrise à travers des jeux.
Jusqu’à leur sortie de l’école de cyclisme, les enfants vont donc multiplier les exercices, avec notamment trois ateliers types. Dans un lieu adapté, une place fermée à la circulation, ils slaloment entre une série de plots ou de quilles, ramassent un objet posé à terre, tout en restant sur le vélo, ou roulent sur un pont basculant. Répétés à l’envi, ces trois exercices, très simple à organiser, doivent les amener à une maîtrise complète de leur bicyclette.
Utiliser différents vélos (piste, cyclo-cross, VTT, BMX) est très important pour se rendre compte des spécificités de chacun. Même les minimes et cadets ont besoin de faire de la piste, du cyclo-cross, du VTT en plus des activités sur route. Un bon apprentissage passe par des activités variées jusqu’à la catégorie juniors.

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Différentes Catégories en FFC – FSGT et UFOLEP

FFC

Catégories en cyclisme (FFC)

pré-licencié : de 4 à 6 ans
Poussins : de 7 à 8 ans
Pupilles : de 9 à 10 ans -Début de la compétition à 9 ans
Benjamins : de 11 à 12 ans
Minimes : de 13 à 14 ans
Cadets : de 15 à 16 ans
Juniors : de 17 à 18 ans
Espoirs : de 19 à 22 ans
Seniors : de 23 à 29 ans
Master 1 : de 30 à 39 ans
Master 2 : de 40 à 49 ans
Master 3 : à partir de 50 ans

Braquets par catégorie FFC :

(Comment calculer votre développement ?
Développement = diamètre de la roue x 3,1416 x Nombre de dents au plateau
Nombre de dents au pignon)

– Ecole de Vélo : 42×16 : 5,60m
– Benjamins : 42×14 : 6,40m
– Minimes : 46×14 : 7,01m
– Cadets : 50×14 : 7,63m
– Juniors : 52×14 : 7,93m

Hommes Minimes (avec Dames Cadettes et Dames Minimes) :
Distance maximum : 40km
Développement maximum : 7,01 mètres

Hommes Cadets (avec Dames Cadettes et Dames de 17 ans et plus) :
Distance maximum : 80 km
Développement maximum : 7,62mètres

Juniors, Hommes et Dames :
Développement : 7,93 mètres


FSGT

Différentes catégories :
Catégories d’âge Établies en fonction de l’âge atteint au cours de l’année civile 

• – Enfants : Moustics jusqu’à 6 ans, Poussins : 6-8 ans, Pupilles : 8-10 ans,
Benjamins : 10-12 ans,
• – Jeunes : Minimes : 12-14 ans, Cadets : 14-16 ans.
• – Adultes : Juniors (17-18 ans), Espoirs (19-22 ans), Seniors (23-39 ans),
Vétérans (40-49 ans), Super Vétérans (50-59 ans), Anciens (60 ans et +).
• – Pour les féminines, il n’existe pas de catégorie ESPOIR mais une catégorie
VÉTÉRANS dès 40 ans.

Les Cadets ; Participent aux épreuves de 4ème catégorie, avec un braquet maximum
de 7m62, classement spécifique pour la remise de récompenses
Les Minimes : Participent aux épreuves de 5ème catégorie, avec un braquet maximum
de 7m01, et une distance de course adaptée, classement spécifique pour la remise
de récompenses.

Les distances pour chaque épreuve seront adaptées au profil du circuit et de l’ordre de:
* Minimes = 40km
* Minimes Féminines = 30km
* Cadets = 60km
* Cadettes = 30km
* Juniors = 80km
* Espoirs = 90km
*Seniors = 100km
* Vétérans = 80km
* Super Vétérans = 70km
* Anciens = 60km
* Féminines = 60km


UFOLEP

Les tranches de catégories d’âge se réfèrent à l’année civile de naissance,
comme pour la FFA, même si elles ne s’appliquent pas à la même date puisque
mises à jour dès le début de la saison UFOLEP

Les Catégories d’âge 2019-2020
CATÉGORIE CODE ANNÉE DE NAISSANCE

Masters (1)
MA 1980 et avant
M1 1980 – 1971
M2 1970 – 1961
M3 1960 – 1951
M4 (1) 1950 et avant
Seniors SE 1981 à 1997
Espoirs ES 1998 à 2000
Juniors JU 2001 et 2002
Cadets CA 2003 et 2004
Minimes MI 2005 et 2006
Benjamins BE 2007 et 2008
Poussins PO 2009 et 2010
École d’athlétisme EA 2011 à 2013
Baby athlé BB 2014 et après


Ecoles de vélo (Ecoles de Cyclisme)

Les écoles de vélo permettent de développer les qualités essentielles d’un cycliste mais aussi d’améliorer les capacités motrices des enfants (équilibre, proprioception). Les écoles de vélo sont composées de 4 disciplines : l’adresse, la vitesse, le cyclo-cross et la régularité.
En France, l’école de cyclisme permet aux jeunes de 4 à 14 ans d’apprendre le sport cycliste de différentes manières. Chaque année une série d’inter-écoles organisées dans chaque département mettent en compétition les différentes écoles et leurs coureurs autour de 3 épreuves : les jeux d’adresse, la vitesse et une course (sur route ou un cyclo-cross). Chaque semaine, les éducateurs entraînent les enfants pour la prochaine compétition qui se déroule le week-end.
Ces écoles font partie des clubs affiliés à la fédération française de cyclisme.

Les épreuves
Les jeux d’adresse consistent en un parcours chronométré constitué de jeux. Ce parcours peut comprendre des slaloms entre des quilles, un passage sous une barre, la prise à terre et la repose d’un bidon, etc. Il faut réaliser le parcours le plus rapidement possible tout en faisant un minimum de fautes, en effet, chaque faute est pénalisée de 5 secondes (30 secondes max. par jeu) et un refus d’un jeu de 30 secondes.
La vitesse ou le sprint se dispute généralement sur 60 mètres. 2 jeunes coureurs partent en même temps et sont chacun chronométrés par un éducateur différent. Parfois, lors d’un chronométrage électronique les coureurs partent l’un après l’autre.
Enfin, se déroule la course qui peut être soit un cyclo-cross soit une régularité (course sur route).
Le classement se fait par points. À chaque épreuve, chaque coureur marque le nombre de points correspondant à sa place dans l’épreuve (le 1er, 1 point, le second 2 points et ainsi de suite). Les points sont ensuite additionnés sur les trois épreuves. Il faut donc avoir le moins de points au total. Les 3 premiers de chaque catégorie montent à la fin de la journée sur le podium pour la remise des prix, Enfin, chaque coureur est souvent aussi récompensé à la fin par une médaille, un goûter, des accessoires de vélo, etc.

Le classement par école se fait lui en cumulant les points de chaque coureur le mieux classé de l’école pour chacune des catégories. Là encore, l’école qui possède le moins de points est classée première.

La compétition est un moment de détente et de convivialité pour les jeunes et leurs parents, les enfants prennent plaisir à s’affronter et à se retrouver à la fin des épreuves.

Les catégories
Pré-licenciés : de 4 à 6 ans dans l’année.
Poussins : de 7 à 8 ans dans l’année.
Pupilles : de 9 à 10 ans dans l’année.
Benjamins : de 11 à 12 ans dans l’année.
Minimes : de 13 à 14 ans dans l’année. Les minimes ont également la possibilité de participer à des courses sur route de 25 à 40 kilomètres.
Chaque catégorie est divisée en 2 années, par exemple : Poussin 1 pour les enfants de 7 ans et Poussin 2 pour ceux qui ont 8 ans.

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Les écoles de Cyclotourisme

Les Jeunes à la FFVélo
À la Fédération française de cyclotourisme, les jeunes n’apprennent pas seulement à faire du vélo.

Les écoles de cyclotourisme, structures agréées pour les jeunes de 8 à 18 ans, assurent une formation complète et diversifiée développant leur autonomie à vélo : jeux et maîtrise – sécurité routière et premiers secours – cartographie, connaissance et découverte du milieu – technique mécanique et entretien – entraînement et alimentation.

En 2017, près de 400 structures réparties sur la France accueillent chaque année 10 000 jeunes.

Le jeune apprendra dans son club de cyclotourisme:
la maîtrise de son vélo sur la base de jeux dans un lieu sécurisé,
la cartographie : lire une carte, tracer un parcours, évaluer sa longueur,
la mécanique : connaître son vélo, détecter des pannes, savoir faire des réparations de base,
le respect du Code de la route,
comment se préparer pour partir en randonnée en toute autonomie,
comment s’alimenter et s’hydrater,
comment se comporter sur la route,
comment faire face aux situations imprévues.
La sortie à vélo ou VTT doit permettre aux jeunes d’appliquer tout ce qu’il aura appris et à l’encadrement d’évaluer son évolution. Au bout du processus, le jeune doit pouvoir randonner en toute autonomie et en toute sécurité.

L’école de cyclotourisme joue un rôle éducatif et pédagogique auprès des jeunes qui veulent goûter aux joies du cyclotourisme.

Dans un cadre amical et convivial, elle est le lieu privilégié d’un apprentissage élargi de toutes les connaissances nécessaires à la pratique de notre activité où échanges riment avec partage.

L’activité de l’école ne s’arrête pas à la pratique pour parfaire ses capacités physiques, mais elle doit permettre, dans le cadre des sorties, une mise en application de l’enseignement théorique dispensé de manière ludique.

Éducation routière
La sécurité étant une des priorités de la Fédération française de cyclotourisme, l’éducation routière est placée dans un cadre pédagogique comme activité incontournable pour la jeunesse de notre Fédération.

Mon premier brevet d’éducation routière réservé aux débutants
le parcours de maîtrise,
le test de contrôle de l’état du vélo,
le test des connaissances liées aux panneaux routiers.
Brevet d’éducation routière qualifié
le parcours de maîtrise,
les pièces de vélo,
les mises en situation et ordres de passage.
Brevet d’éducation routière expert
le parcours de maîtrise,
les accessoires de sécurité sur le vélo,
les mises en situation et ordres de passage.

Les brevets pour découvrir et progresser
Des brevets sont plus spécialement organisés dans le cadre des activités au sein des écoles de cyclotourisme mais peuvent aussi être mis en place par les clubs.

Les brevets d’initiation permettent de découvrir progressivement toutes les facettes de la randonnée à vélo et de devenir rapidement autonome. Particulièrement accessibles aux jeunes, ils sont complétés par des animations spécifiques pour les 12-18 ans.

Route
La première balade
Les premiers tours de roue, effectués sur une distance comprise entre 15 et 50 km, pendant une demi-journée, sous le regard attentif de randonneurs confirmés.
la première randonnée
Avec un parcours compris entre 40 et 80 km, la première randonnée est réalisée dans le plus pur esprit cyclotouriste.
Les 100 bornes
Étape symbolique dans le parcours d’initiation, les « 100 bornes » sont effectuées sur une journée. Une distance de référence.
Brevet d’initiation au cyclotourisme familial (BICF)
Ouvert à tous les membres de la Fédération, ce brevet se réalise en groupe de trois personnes minimum, ayant des liens de parenté. Les participants à cette randonnée s’engagent à effectuer le parcours exclusivement à bicyclette.

VTT de randonnée
Premier brevet VTT
Les premiers pas sur les chemins, pour un parcours d’une demi-journée ne dépassant pas 15 km.
Premiers sentiers VTT
Les premiers sentiers (or, argent, bronze) sont organisés sur une distance maximale de 15 km et comportent des zones de tests de maîtrise de la bicyclette.
Brevet d’orientation – route et VTT
Le but est l’initiation à la lecture de cartes topographiques, au tracé d’un itinéraire, à l’observation et l’orientation, sur parcours entre 15 et 35 km pour le VTT et 30 et 80 km pour la route.
Un Brevet grand public accessible pour les enfants : Rallye raid VTT
Destiné à tout public, le Rallye raid VTT est un concept qui associe l’effort physique, la découverte et la connaissance d’un milieu au plaisir de pratiquer le VTT de randonnée, individuellement ou en groupe.
Accessible à tous, le Rallye raid VTT permet de relever un défi personnel pour atteindre 100, 500, 1000 « bornes VTT » (ou plus) qui justifieront l’obtention d’un brevet fédéral.
Le Rallye raid VTT est une randonnée qui suit un itinéraire adapté au niveau technique des participants (circuit fléché, road-book, parcours d’orientation).
Sur le circuit, les pilotes doivent s’arrêter à des balises pour satisfaire à différents tests (mécanique, connaissance du milieu naturel, sécurité routière, aisance technique…) qui peuvent leur rapporter des points. Le cumul des points acquis permettra d’établir le niveau atteint, individuellement ou par équipe, sur l’ensemble des sports techniques.

Les critériums : des jeux grandeur nature
Chaque année, un concours est organisé à l’échelle nationale pour choisir le jeune le plus autonome à vélo.

Jeux sportifs et éducatifs destinés à encourager les jeunes à la pratique du cyclotourisme, organisés pour la première fois en 1961 pour la route et en 1995 pour le VTT, ils sont la finalité d’une progression dans l’initiation au cyclotourisme.
Les critériums comportent des épreuves spécifiques route et VTT. Ils concernent chaque année près de 3 000 jeunes dans les phases qualificatives : locales, départementales et régionales.
Les finales nationales se déroulent dans le cadre de la “ Semaine nationale et européenne des jeunes ». Point d’orgue de l’initiation, elles permettent à environ 70 participants route et 70 participants VTT, de se mesurer en défendant les couleurs de leur région.

Conditions de participation
Ils sont ouverts aux jeunes âgés au minimum de 8 ans minimum et 18 ans maximum dans l’année.
Trois catégories sont définies :

13-14 ans,
15-16 ans,
17-18 ans.
Chaque jeune pourra participer soit individuellement, soit par équipe de deux dans la catégorie 13-14 ans (uniquement au niveau départemental). Les équipes mixtes sont autorisées. Cependant, les jeunes licenciés ou non licenciés,
à partir de huit ans dans l’année pourront participer aux épreuves locales et départementales par équipes de deux ou trois accompagnés par un adulte.
Seuls les jeunes licenciés FFVélo dans les trois catégories compteront dans les effectifs pour la sélection nationale.

Les épreuves
Critérium route
Un test de lecture.
Un test sportif.
Un test de connaissances générales.
Un test d’observation.
Un test de maîtrise du vélo.
Un test mécanique.
Critérium VTT
Un test de lecture.
Un test sportif.
Un test de connaissances générales.
Un parcours de maniabilité.
Un test nature.
Un test mécanique.


Les Forums

Quelques exemples d’extraits de commentaires pris sur divers forums du Net.

Le Cyclisme et les jeunes

Bonjour,
Mon fils a démarré le vélo l’année dernière en école de cyclisme, il est très motivé, peu être trop!
Il me demande sans cesse de l’amener rouler…(à 7 ans!). Et oui il veut déjà gagner et a bien compris que ça ne tombe pas du ciel!
Mon problème, ou plutôt ma question: Peut on entraîner un petit de 7ans? Si oui comment?
Rouler oui mais à quel rythme? quelle fréquence? quelle distance? a quelle vitesse?
J’ai bien essayé de trouver conseil au près de l’école de cyclisme, mais j’entends un peu de tout…
Le laisser rouler autant qu’il veut mais c’est lui qui fixe le rythme (rouler toujours derrière lui)
D’autre me parle 2 fois deux heures à 20km/H de moyenne max! (j’ai de gros doutes…)
Mon soucis principal restant bien sur le bien être de mon fils, quel sont les choses à éviter?

Mon fils a également 7 ans, il me demande pour avoir un vélo avec un cintre courbé et des pneus lisses : Bref, il voudrait faire comme papa.
Etant donné qu’il fait déjà du foot, du tennis et de la natation (cela donne 7 x sport par semaine), je lui ai dit qu’on verrait plus tard.

Pour revenir au sujet à 7 ans, j’aurais tendance à dire de le laisser envisager le vélo comme loisir pur et de le laisser faire ce dont il a envie. Personnellement, je considère que le sport à cet age s’arrête lorsque la fatigue est trop importante pour accomplir un travail scolaire de bon niveau.
A cet âge garder une approche ludique !!! Tout n’est que jeux: Le premier en haut, équilibre, ramasser un objet sur le vélo, passage de cônes, rouler en se touchant, sans les mains etc ….
En tout cas le jeune n\’est pas un adulte en miniature !!!!

Il y a quelques règles de bases pour les jeunes (6-14 ans)
– il faut garder un esprit ludique; développer des qualités cognitives, d\’adresses, de socialisation..
– Avant 10 ans pas la peine de faire de l\’endurance. Le métabolisme de l\’enfant n\’est pas prêt. Les enfants jeunes c\’est on-off. Ils s\’expriment avec enthousiasme et avec fougue; Sprint, stop, départ etc etc …
– TDJV,TRJV, TNJV Le but c\’est que le jeune touche à toutes les disciplines. L\’âge d\’or pour apprendre c\’est 10-12 ans
– de 12-14 il y a de grandes différences, certains sont ados et d\’autres sont encore des enfants. En tout cas ATTENTION ils sont en pleine croissance alors ne pas travailler en puissance. Statistiquement, c\’est à l\’âge de 13 ans que l\’on constate la plus grande disparité.
> 14 ans là on peut commencer à travailler l\’endurance
> 17-18 ans On peut développer la puissance sans \ »abîmer\ » le jeune (si la croissance est finie).

J’ai deux bouts de choux filles8 (pouss1) et un gars10 (benj1)
Le ptit gars a voulu se mettre au vélo de route, alors que je l’orientais plus sur VTT (pour le coté ludique, équilibre, engagement…) proche du ski.

En France, nous avons l’école de vélo. Nous découvrons.
Une ambiance sympa. Ils font des entraînements très variés (adresse ludique , sprints, cyclo-cross, sortie de 1h à 2h… il y aurait même de la piste en hiver). Je trouve que les entraînements sont bien encadrés et cohérents. A 10 ans, ils ont tous (sauf mon fiston) des cales automatiques. Il y a du beau matos pour des enfants. Il y a des tout petits bouts (pré-licenciés).

la compétition.
Pour moi, c’est le petit truc border line de l’école de vélo. Les courses des enfants de 10 ans sont déjà assez bien structurée. Peloton. Ils doivent savoir rouler. Ca roule vite (35km/h) ! Ca chute. Ca pleur. Chez nous, le plus fort de cette catégorie est : une fille…
Le corps de nos enfants est en pleine croissance. En quelques mois un enfant va grandir, se muscler, s’arrondir et beaucoup murir dans sa tête. Chercher une performance en vélo à cet age me semble anticipé. En plus, le système de classement des enfants est basé sur un cumul de résultats de toute la saison (avec un joker). Là, c’est vraiment trop.
J’insiste pour dire à mon fils qu’il doit chercher le plaisir et non les résultats. Apprendre et comprendre à chaque course. Je suis presque content qu’il n’ait pas encore ses calles. Cela lui donne des excuses pour ne pas passer devant les autres.
Je doute qu’un tiers des enfants ayant des résultats si jeunes soient encore prêts pour faire des campagnes d’entrainement très intenses en grandissant, nécessaires à l’amélioration de la perf. J’ai peur que mes enfants soient écoeurés de la compétition.
Ma fille veut aussi se mettre au club mais je lui ai déjà dit qu’elle ne participerait pas à beaucoup de compétitions.
La compét à cet âge, c’est pour s’amuser et pour apprendre. Les compét d’école de vélo me paraissent un peu trop sérieuses.

je recommande beaucoup les écoles de vélo pour encadrer les enfants (et cadrer les parents). Je me rends compte que j’ai embarqué mon fiston dans des sorties beaucoup trop hards pour lui (montée à la Ramaz p.exemple à 9 ans, il voulait faire la colombière). Pour ça, l’école de vélo ça m’a bien calmé 😉 Quand je sors avec lui, on fait des balades bien plus faciles (sauf que j’ai des cols de partout autour de chez moi).

J’ai discuté avec des collègues en Suisse pour connaitre leur approche. Elle me semble bien meilleure. La compétition commence sérieusement plus tard (cadets).

Perso, je suis vraiment contre ces écoles de cyclisme. Ça donne l’esprit de compétition aux jeunes bien trop tôt! Les meilleures coureur n’ont-ils pas commencé le cyclisme à vers 16 ou 17ans? Pour l’UCI, la première catégorie d’âge n’est-elle pas Junior?? Il y a probablement ds raisons pour ça!

La meilleure chose, c’est de faire des petites balades avec vos enfants, mais les écoles de cyclisme, c’est des jeunes qui font arrêter à 16ans à coup sûr!

Souvent, les gamins venant de l’école de cyclisme peuvent être des cracks en minimes ou cadet et puis quand ils arrivent en junior, là où les choses sérieuses commencent, l’adversité les désarçonne et ils arrêtent. C’est dommage effectivement ce coté compétition en école de vélo car il y a le coté apprentissage par le volet ludique qui est très important.

Mon père, s’agissant de mon frère ou moi avait eu une stratégie inverse : depuis nos 12 ans on lui rabâchait les oreilles qu’on voulait faire du vélo et lui nous répondait « pas de licence avant votre passage en 2nde ». Ça nous a un peu frustré mais quel bonheur le jour de la 1ère course…. En attendant, on a fait du cyclos et on appris ce que fringales, galères et autres vouaient dire…

Rien qu’en cadet, y’a des disparités énormes au niveau des gabarits. Y’a par exemple des jeunes avec une musculature très développée qui raflent toutes les victoires même si ils n’ont pas de prédisposition au cyclisme, ou d’autres qui suivent un entrainement poussés et qui laissent tout le monde derrière aussi. A partir de junior, ils commencent parfois à galérer.
Le pire dans ces catégories, c’est parfois les parents qui poussent leurs gamins à la performance et qui sont prêts à se créper le chignon à l’arrivée parce que le fils de l’un à un peu bloqué le fils de l’autre dans le sprint final, l’empêchant de prendre une belle 12ième place sur les 28 partants… 
Ou alors ils voient leur fils comme une sorte de contador parce qu’il a gagné la coursette du coin…
Alors qu’en j’entends parler de compét en école de cyclisme, ça à de quoi faire hérisser les cheveux sur la tête.
j’ai aussi un autre fils en école de cyclisme depuis cette année il n’a que 4ans (donc pré licencié). Il a voulu suivre les traces de son frère et de son père.
Clairement quand je dit « faire faire rouler mon fils »(le grand) c’est tout simplement pour lui faire plaisir et certainement pas pour l’aider a faire une perf!

Mon avis sur les écoles de cyclisme:
Je trouve super le travail d’agilité, les petits s’amusent de façon très ludique à faire du slalom, du passage sous barre, ramasser un bidon..;etc.. ambiance et bonne humeur garantie! Et pour être honnête, Même pour les adultes c’est pas facile….et on apprend beaucoup techniquement!
Ensuite le sprint 4/5 par séance.
Aucun travail d’endurance si se n’est 10min de roulage pour la chauffe.
Dans l’ensemble un bilan super positif.

D’après vos retour, je pense continuer à faire ce que je fait actuellement c’est à dire limiter mon fils a une ou deux sortie par semaines de pas plus de 10km.

Le sujet de la compétition à cet age la:
Pour les poussins cela commence fin avril et ca fini fin juin. il y a trois épreuves: agilité, sprint et régularité (petite course de 3 km env.). Franchement ca fait une journée super sympa pour les petits. En tout cas les miens car pour d’autres c’est l’occasion de se prendre de belle remontrance de la part des parents…ca me dégoûte!
Après comme partout on voit du grand n’importe quoi comme par exemple des parents donner du red bull a des petits de 8ans….et oui ca se fait!
Pour mon fils, il n’y va que parce que ca lui fait plaisir! et peu importe le résultat. Je pense que c’est une bonne chose pour les enfants à condition que cela reste un plaisir et qu’il n’y ai pas pressions et en particulier de la part des parents!!!!
La motivation dans la durée….la je suis un peu « sec »…et les remarques me laisse perplexe. Peut être il y a il d’autre raisons à l’abandon de ses jeunes?
Je pense que tant que mes enfants y prendront plaisir, ils continueront. Après pour dire combien de temps cela durera…
L’important pour entretenir l’envie sur la durée s’est qu’ils y trouvent des potes et puissent partager de bonne tranche de rigolade. Ce qui démotivent beaucoup c’est le sentiment d’échec induit par des ambition démesurée.
La notion de compétition est suffisamment naturellement présente pour ne pas être en plus alimentée par les adultes.

Seule chose à éviter dans le jeune âge : le travail de capacité anaérobie lactique.
Après, il faut diversifier, être ludique, leur apprendre les bons gestes, et surtout les MENAGER !
Combien « d’avions » en catégories de jeunes se sont crâmés et dégoûtés avant d’avoir 25 ans…

Ok pour le coté ludique et de ne pas les pousser.
Mais par exemple, j’en ai un qui me dit qui il ne peux pas faire de sprint parce qui il est trop explosif et qu’il s’asphyxie tout de suite.
Un autre qui n’arrive pas à ce mobiliser dans les cotes alors qu’il a la puissance.
Un troisième qui a le fond mais qui s’alimente mal et qui manque de puissance.
Je leur dit quoi ?
Roules et tu finiras par trouver les réponses tout seul ?
A mon avis c’est bien pour ce dégoûter du truc.
je cherche pas de recette miracle mais des repères pour les accompagner et les aider à trouver les clefs.

Personnellement jusqu’en minimes j’enquillais gentiment les bornes en sortie club, deux/trois fois par semaine avec des pancartes pour la déconne et basta… ce n’est qu’à partir des cadets qu’on a commencé à nous parler cardio FC, plans d’entraînement, etc.
Et encore ça m’a dégoûté assez rapidement malgré les progrès notables en course : l’impression d’être constamment à l’école, dans un cadre toujours strict :
Mais c’est sans doute une autre époque, car aujourd’hui on fait « bosser » les jeunes dès la catégorie benjamins, quitte à perdre les moins assidus en cours de route. Ce n’est que mon avis, mais si en sortie « d’école de cyclisme » (en arrivant chez les cadets donc) ils savent :
– rouler en groupe, s’abriter du vent dans les roues
– s’alimenter correctement
– se débrouiller un minimum en mécanique (adopter le bon braquet, régler les vitesses, réparer une crevaison)
C’est déjà pas mal… ils auront bien le temps de manger du fractionné ensuite (s’ils en ont envie). Après c’est sûr que les plus forts n’auront pas l’impression de forcer/progresser, mais à ce niveau-là difficile de contenter tout le monde (les différences de force/croissance sont les les plus élevées chez les benjamins/minimes, j’en sais quelque chose :
Tout dépend de l’objectif du club aussi : donner l’envie aux jeunes de faire du vélo, ou former des champions avant l’heure (clairement la seconde option chez nous) 

Ah le fameux gymkhana entre les quilles… justement moi ça me remontait dans les classements, avant que je ne comprenne l’utilité de rouler régulièrement 😉
J’adorais ça, au contraire des 60 m départ arrêté. Par contre les règles étaient toujours claires, et les classements à peu près corrects (plus corrects qu’aujourd’hui, avec moins de moyens techniques :lol:).
Je garde de super souvenirs en compétition, surtout chez les minimes avec de grandes courses dans l’est… quand il fallait chercher son nom parmi la centaine d’engagés de tous les pays frontaliers (Suisses, Allemands) : oui oui vous avez bien lu, plus de 100 partants pour une seule catégorie jeune en FFC. Et le sommet en juillet 1997, avec une participation aux championnats de France minimes (où je tombe de très haut).
Avec de vrais circuits de 10 bornes et +, bien accidentés : c’était l’âge d’or du vélo pour moi, et on ne se prenait vraiment pas la tête en stage ou à l’entraînement.

Chez les cadets c’est de suite devenu plus sérieux, et avec la pression des études j’ai fini par lâcher l’affaire… pour reprendre bien plus tard hors compétition (juste enquiller les bornes avec les cyclos du coin, tant que mes horaires de fac me le permettaient ), et enfin me tourner vers le cyclosport fin 2008. J’ai vu tant de potes abandonner définitivement le vélo à cette période, car ils ne rentraient plus dans le « cadre » compétition du club. C’est bien dommage, et je rejoins ton avis : on met trop la pression aux jeunes (ça me fait sourire quand j’assiste aux réunions du début d’année, pour « préparer » les grandes échéances pour les enfants du club). Les résultats sont là, mais derrière très peu continuent chez les juniors (ceux qui marchent vont dans des clubs plus huppés), et trentenaire je me retrouve au final le plus jeune des seniors :S

Le vélo est un sport dur (ingrat et dangereux). C’est pour ça que le côté ludique et pédagogique (jeux techniques, apprendre la mécanique sans que ce soit vécu comme une contrainte) est très important.
« A mon époque » (ce genre d’expression vous situe le vieux con ), on pouvait aussi s’extasier sur les exploits d’Hinault, Fignon, ou des frères Simon. Maintenant… :S sauf à passer pour un futur junkie, c’est dur de s’enthousiasmer…
Après, il y a le côté « je découvre mon corps ». Dans une société où le corps est de plus en plus fantasmé et symbolisé, je me demande s’il n’y a pas de la place pour quelques notions de physiologie : pourquoi on fait une fringale (ça leur arrive plus souvent au collège que sur le vélo, mais sur le vélo ça calme tout de suite), que faut-il faire dans ce cas, les règles d’hygiène, les filières métaboliques…. donner des repères à tous ces jeunes qui n’en ont pas (indice de masse corporelle, quoi manger)… et puis, en un mot comme en 100, leur donner confiance en eux !

Votre parcours de cycliste (Différentes expériences vécu) 

Pour ma part ma passion du vélo remonte au 19 juillet 2003, où je vais voir pour la première fois le Tour de France à Ax 3 Domaines. Le soir venu, je me retrouve dans l’hôtel de l’équipe Telekom de Vinokourov :love:
Même si j’avais commencé depuis le début de l’année 2003 à pédaler un peu plus qu’à l’accoutumée, je commence véritablement fin 2003. Ma première licence remonte à septembre 2004, en minimes 1.
Premières courses au printemps 2005, quelques bons souvenirs (Revel notamment). Les courses faisaient 30km et se couraient en une heure :mrgreen:
L’année suivante, en cadets, j’ai du mal à suivre. Je m’entraînais un peu, mais rien de bien méchant (3 à 4 000km par an). Face au gros niveau du peloton pyrénéen, c’était dur. Je me souviens en avoir particulièrement chié sur le Tour du Tarn cadets, qui se disputait par étapes tous les 15 jours.
L’étape Trébas – Saint-Juéry restera dans ma mémoire, notre leader avait fait 4ème de mémoire. De gros écarts, 70 bornes à 40 à l’heure, ça rigolait pas. L’équipe de Saint-Alban (dans la banlieue de Toulouse) dominait tout à l’époque 8) La Sky avant l’heure. Aujourd’hui, plus aucun d’entre eux ne fait du vélo et pourtant nous y voyions tous au moins plusieurs vainqueurs du Tour potentiels :mrgreen:
La deuxième étape commençait par un chrono le dimanche matin. Pour l’anecdote, après un réveil à 4h du matin et une arrivée matinale à 8h, j’apprends que je suis l’un des premiers coureurs à m’élancer. Pas le temps de m’échauffer, je pars pour les 3 bornes…la panne de jambe, j’étais scié, les poumons en feu et je vomis à l’arrivée 😦 Dernier 8)
Bref, de bons souvenirs mais j’étais pas au niveau. L’année suivante j’ai fait un peu moins de courses. Inutile d’envisager de passer en juniors FFC, à l’issue de la saison 2007 ma carrière a du plomb dans l’aile et je me rabats sur la catégorie UFOLEP.
Je vais y ronronner deux ans et demi, en juniors puis 3ème catégorie. Une dizaine de courses en trois saisons à tout casser. De bons souvenirs malgré la difficulté, notamment une troisième place aux championnats départementaux cadets/juniors en 2008 sous une pluie diluvienne.
Une belle échappée solitaire infructueuse aussi 8) Un sprint dantesque pour la dixième place aux championnats régionaux dans l’Ariège…mais surtout, une deuxième place au sprint à quelques bornes de chez moi le jour de l’arrivée du Tour de France 2008, sous un cagnard atroce. J’avais attaqué dans le circuit que je connaissais au millimètre, piégé mon adversaire dans le sprint pour lever les bras sur la ligne :love: Sauf qu’un gus s’était échappé sans que nous le sachions, je fais deuxième 😥
A l’issue de cette course, je prends la dure décision d’arrêter ma carrière au plus haut niveau :mrgreen: S’en suivent des années de cyclo aguerri, avec deux Ariégeoises au compteur. La première, j’étais le plus jeune du grand parcours sur plus de 1 000 participants, bon souvenir. A chaque fois, performance en milieu de tableau, ce qui me suffit amplement :heureux:
Depuis, je tourne entre 2 et 4 000km par an et je ne suis plus en club :ok: Pas de but particulier depuis que j’ai compris que je ne gagnerais pas le Tour de France 😥 Juste prendre du plaisir !

Je fais du vélo depuis tout petit sans interruption.
Mais j’ai commencé à m’intéresser au Cyclisme en 1996, à l’age de 9 ans. Du moins, c’est à cette époque que remontent mes premiers souvenirs.
Mon père enregistrait et regardais les étapes du Tour de France le soir, et mes premiers souvenirs remontent à la, au visionnage du Tour de France 1996 à la télévision le soir. Depuis, je n’ai raté aucune étape 8)
J’avais ensuite été assister au départ de la 1ère étape du Tour 96 à Rouen. J’ai d’ailleurs découvert il y a pas longtemps le carnet d’autographes de l’époque. Je me souviens avoir été très déçu le soir en me rendant compte que je n’avais des autographes que de petits illustres inconnus :stop Inconnus parmi lesquels figurait un certain… Gilberto Simoni ! Comme quoi… :up
C’est cette année la qu’un certain Richard Virenque m’a réellement fait passer du loisir à la passion du vélo. Avant la fin du Tour, j’avais mon premier vélo de course (un 650 Décathlon jaune à jantes hautes 8) ) avec mon maillot Festina (que j’ai toujours en souvenir 8)
Par contre, pas de vélo en club. Juste des sorties tous les dimanches avec mon père, pour le plaisir.
C’est seulement a l’age de 14 ans, après m’être acheté un premier vélo taille adulte que je m’inscris dans un club de Cyclotourisme pour pouvoir faire des sorties en groupe et que je découvre la compétition.
Oui, la compétition en Cyclotourisme ! 😯

Petit j’ai expérimenté beaucoup de sport différents avant de me tourner définitivement vers le cyclisme à 11 ans, tout en continuant un temps d’autres activités. La raison est comme la plupart des gens à cet âge le fait d’avoir vu le Tour à la télé. Pour info à cette époque, càd en 2003-2004, j’étais fan de Lance Amstrong et c’est lui qui m’a donné envie de me lancer dans le cyclisme.
Je me suis inscrit au Vélo Club de Lyon Vaulx-en-Velin (avant que Lyon ne coupe les subventions) et j’y suis toujours après 10 ans. Assez rapidement j’ai commencé la compétition en minimes, finissant toujours dans le creux du classement mais courant quasi tous les week-end. Les souvenirs de cette époque son quand même assez vagues.
Puis en cadet 1 je me faisait lâcher très vite et finissait très souvent avant-dernier (jamais dernier), mais ma passion du vélo faisait que je supportait ça sans trop de problème, étant aussi plus fort à l’entraînement qu’en course à cette époque. En Cadet 2 ça allait mieux et j’aurait pu faire quelques places mais je courais tactiquement très mal. Aussi de bons souvenirs de cette année où l’équipe cadet de mon club aurait pu faire très mal au niveau régional mais où ça ne s’est pas concrétisé comme on l’aurait voulu. De cette époque les deux seuls qui ont continué le vélo sont moi et Clément Venturini.
Junior 1 a été une année très difficile où j’ai eu beaucoup de mal à passer le cap de la catégorie. Je subissait énormément en course et me faisait lâcher très vitre et je me suis cramé l’hiver avec des entraînements que je n’encaissait pas. Heureusement sur la fin d’année des sensations un peu meilleures et mes début de recherche intensive de toutes les routes existantes autour de Lyon m’ont fait supporter cette année.
Ensuite en junior 2 début de sensations sympa mais rien de concret. Je décide donc de passer en pass’ cyclisme en première année espoir afin de jouer la victoire sur les courses. Et effectivement ça a été une très belle année pour moi où sur chaque course quasiment j’ai joué la gagne. Du fait du rythme moins soutenu on se retrouvait chaque week-end à se jouer le podium entre les mêmes coureurs. Ce qui n’empêchait pas certains d’avoir d’énormes moteurs. Des regrets quand même de cette année, ma troisième place à Vienne où 10ème en bas du mur final je viens échouer sur les talons des deux premiers et ma deuxième place au championnat du Rhône.
Ensuite avec les points FFC engrangés je monte en 3ème catégorie et je passe une année assez foireuse où dans la première partie je loupe systématiquement la bonne échappée et où sur la fin d’année je connais des problèmes mécaniques à répétition. Mon meilleur résultat au final est une 11ème place à Châtillon, en réglant le peloton au sprint. Cette année donc 3ème année espoir je demeure en 3ème catégorie en envisageant la victoire.
Sinon je reste dans le vélo car j’adore ce sport, à la fois point de vue tactique et physique en compétition, mais aussi parce que j’adore rouler. En ce sens il y a très peu de routes dans l’agglomération lyonnaise que je n’ai jamais empruntées. Mon kif c’est de partir avec une carte michelin dans la poche et de bifurquer au hasard des carrefours. Aussi j’encadre régulièrement les cadets de mon club dans leurs entraînements.

Enfant, j’ai toujours eu le rêve de gagner le Tour, conforté par ma domination sur tout mes copains d’école en primaire,mais ça se limitait à ça.
Après avoir déménagé dans le nord-isère, j’ai pu m’aventurer dans de nombreuses bosses locales qui chacune représentaient un col de montagne où je pensait réaliser un exploit à chaque fois que je les franchissaient.
Je roulais très souvent pendant les vacances avec mon voisin de mon âge, un des cadors régionnaux en course à pied à l’époque. Avec lui, j’ai tout de suite appris à relativiser mon niveau; bien que j’arrivais à le suivre en bosse, dès qu’on se disputait un sprint, je ne pouvais que m’incliner à part à de rares occasions.
A 14 ans, je décide de chercher à m’inscrire dans un club. Je souhaitais avant tout faire de la route, mais n’ayant pas les moyens d’avoir un vélo de route, je doit me contenter de la section VTT. Là bas je galère au début, mais au fil des sorties, je commence à avoir un niveau comparable aux autres. Malheureusement, la section jeunes ferme à la fin de ma première année, faute d’encadrants.
Je me rabats donc sur un autre club, celui de ma ville, principalement cyclotouriste. Là bas, je rejoins la section VTT, composée majoritairement d’adultes. Autant dire que j’ai beaucoup de mal à suivre, mais après m’être acheté un nouveau VTT, j’arrive à suivre le rythme et petit à petit, je suis capable de bien m’amuser à défier tout le monde.
Je continue pendant quatre ans à m’amuser avec ce club, puis début 2010, je lis l’autobiographie de Laurent Fignon, et sa description des courses amateurs et professionnelles me donne envie de me mettre à la compétition sur route. A la fin de l’année, après avoir économisé durant l’été, je m’achète mon vélo de route, avec lequel je roule toujours, un Giant TCR Alu. Je rejoins le club où j’avais débuté le VTT état donné que le club de ma ville était licencié FFCT. Dans le club, la section compétition est peu développée, je suis le seul dans ma catégorie d’age à courir sur route. Je fais quelques courses en deuxième et troisième catégorie, mais je suis à chaque fois très rapidement lâché. Frustré, je prends la mauvaise décision de m’entrainer seul pour revenir plus tard dans l’année, alors que j’aurais mieux fait de chercher à trouver le rythme en compétition. Durant l’été, je fini quand même par retrouver la condition, et sur une petite course, je tiens le peloton jusu’ à 20 bornes de l’arrivée. Je pense avoir fait le plus dur, mais malheureusement, le week-end suivant, je fait une grosse chute où je tombe sur le visage bilan: dents cassées, visage brulé, ma saison est donc terminée.
L’année d’après, je passe un hiver studieux, et au début de la saison, je parviens à suivre le peloton sur plusieurs courses, mais je craque toujours sur la fin. Je manque aussi de régularité dans mes courses, donc difficile encore une fois de prendre le rythme. Ma saison s’achève tôt, car je doit partir dès mi-mai en stage à l’étranger pour deux mois et demi.
Ayant arrêté ma saison tôt, je décide de m’essayer au cylo-cross durant l’hiver, mais je suis très limité techniquement, j’arrive malgré tout à faire quelques places dans les 20. En 2013, je suis en forme très tôt, je me dit que c’est la bonne, mais une nouvelle fois je suis coupé dans ma lancée par un stage, je dois partir un mois en région parisienne sans vélo. En plein mars, c’est l’idéal. Cependant, j’arrive quand même à vite retrouver la forme. Et si les compétitions FFC se refusent définitivement à moi, je fait de bons résultats sur des cyclosportives.
Jusqu’au Trois Col où j’ai les meilleures sensations de ma vie en course. Je rate tout de même le groupe de tête, mais dans le second groupe, j’ai l’impression d’être une jambe au dessus de tout le monde, je cours donc à l’envers, en attaquant à chaque bosse, je vais même jusqu’à attaquer en descente où je chute. Je sui bien amoché, et je vais mettre du temps à remonter sur un vélo. Une fois revenu, je suis loin de mon niveau, mais surtout, je casse mon dérailleur au bout de deux sorties. Travaillant durant l’été, je ne fait plus de vélo durant un mois. Je répare tout de même mon vélo, mais je casse une seconde fois ma patte de dérailleur, étant limité dans mes finances, j’attends encore longtemps avant de réparer. Durant l’hiver je me motive à préparer le saison suivante, mais une troisième casse me dégoute définitivement du vélo. Je n’y toucherais plus pendant un an hormis deux trois sorties sur mon cyclo-cross.
Cet hiver, lorsque je me retrouve au chômage, je décide de ressortir le vélo pour me changer les idées, et je retombe rapidement amoureux du vélo. J’envisage de reprendre la compétition, mais finalement, je me contente de quelques cyclo, et de découvrir de nouveaux cols. Depuis cet hiver, je prends énormément de plaisir sur le vélo, sans me prendre la tête avec les à cotés comme la récupération et la diététique, ce qui avait aussi participé à mon ras-le-bol il y a deux ans.

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Cyrille Guimard. « Sur les jeunes, on a deux ans de retard ! »
Publié le 22 octobre 2019

Consultant pour la chaîne L’Equipe, Cyrille Guimard porte un regard avisé sur l’avènement de la nouvelle génération du cyclisme mondial. L’ancien sélectionneur jette également un regard critique sur la formation à la française.

Cyrille Guimard, que vous inspire l’avènement au plus haut niveau de la nouvelle génération ?
Il faut impérativement extrapoler. Ce qui se passe dans le cyclisme, c’est ce qui se passe dans les autres disciplines depuis plusieurs années. Prenez le foot : dans les équipes de Ligue 1, vous avez au minimum deux joueurs de moins de 20 qui font partie du groupe. Regardez Camavinga au Stade Rennais. Il ne joue pas en championnat U17, si ? Ces jeunes sont au même niveau de performance, au même niveau physique que les anciens. Idem dans le hand, idem dans le basket… Maintenant, à 18 ans, on sait. La preuve, dans le foot, les grands clubs recrutent en dessous de 15 ans.

Selon vous, pourquoi ce phénomène est-il arrivé dans le cyclisme ?
C’est une histoire de génération. À mon époque, les gars qui mesuraient plus d’1,80 m dans le peloton se comptaient sur les doigts de la main. Il y avait Merckx… Maintenant, lorsque vous mesurez 1,82 m, vous êtes presque petit. Et puis, surtout, les jeunes sont beaucoup mieux entraînés… très jeunes. Ceux-ci sont désormais aux mêmes charges de travail qu’un professionnel qui a 25 ans. Dans le cyclisme français, on a toujours considéré que l’âge était une barrière. On a toujours pris en compte la catégorie d’âge et non la catégorie de niveau. Un cadet n’a pas le droit d’aller faire une « toutes catégorie ». Il faut ouvrir la réglementation.

A l’échelon mondial, il s’est quand même passé quelque chose en 2019, non ?
Regardez d’où ils viennent, regardez. Evenepoel faisait du foot, il était capitaine de l’équipe de Belgique. Certains viennent du VTT ou du cyclo-cross. Même Woods (33 ans aujourd’hui, NDLR), à 20 ans, était coureur à pied. Et puis, Bernal, lui, regardez d’où il vient : en Colombie, il n’a pas eu le problème des braquets limités, il a développé de la puissance et de la force. Et aujourd’hui, quelle que soit l’activité sportive, on va chercher les gamins qui ont de la puissance, de la force et de la vitesse. On passe même la technique au second plan. En France, on est toujours aux braquets limités jusqu’à 19 ans. « Ah non, il ne faut pas monsieur, ils vont se briser les genoux ». On disait ça déjà en 36 ! L’avènement des jeunes est juste normal et je vais même plus loin, on est en retard par rapport aux autres disciplines.

Pourquoi dites-vous cela ?
Ceux que l’on retrouve devant viennent notamment du cyclo-cross. Ils ont été champions du monde chez les juniors, ils font entre 30 et 40 cyclo-cross l’hiver, jusqu’à quatre la semaine ce qui représente quatre contre-la-montre. Dites à un routier d’effectuer quatre contre-la-montre dans sa semaine. On a déjà du mal à en faire un sur le Tour de France. Cela fait 40 ans que je dis que l’on ne devrait pas commencer les courses avant l’âge de 15 ans. Avant, VTT et BMX. Tout le monde se marre quand je parle de cela… Les écoles de cyclisme, désolé, ce sont des garderies. Je me souviens que je m’étais occupé à l’époque de celle de Roubaix : on faisait seulement 50 % de vélo. Le reste, course à pied, hand, foot… Les gamins n’avaient pas besoin d’être bercés le soir.

Etes-vous surpris d’avoir vu toute cette génération arriver ?
Non, on les a vus venir. Regardez Pedersen, le champion du monde. L’an dernier, il avait quand même terminé 2e du Tour des Flandre à 22 ans. Quel coureur français a réalisé pareille performance ? En France, on a un conservatisme désastreux. En France, on prépare les jeunes pour gagner en juniors. Les stages, les stages… Il faut gagner des titres. Personnellement, j’ai toujours dit qu’il fallait préparer les coureurs pour le secteur pro, pas pour gagner en juniors. J’ai développé cela à la Fédé… J’ai essayé de leur expliquer que les jeunes qui gagnent chez les juniors ont peu de chance d’en gagner chez les pros. Bref… On en revient encore aux coureurs français : combien de coureurs professionnels de moins de 22 ans sont au niveau ? Combien ? Un seul : Clément Champoussin (AG2R La Mondiale). Il n’est pas du niveau de Pogacar. Les grands champions gagnent les grands tours à 23 ans. En France, on a deux ans de retard par rapport aux autres nations. Tenez, j’ai des stats sur le Danemark par rapport à la France…

Et que disent-elles ?
Vous allez être surpris. Le Danemark, c’est la Bretagne en nombre d’habitants. Là-bas, vous avez 300 clubs pour 30 000 licenciés pour 5 750 000 habitants (3,3 M en Bretagne, NDLR). Ils ont 34 pros en WorldTour et Conti Pro. C’est comme si, en France, on avait 396 en WorldTour et Conti Pro et 350 000 licenciés. On en a 100 000… La Bretagne compte 15 000 licenciés (10.000 en réalité, NDLR). Il y a quand même un problème quelque part, non ? Quand vous voyez cela, vous comprendrez que l’on soit dominé sur la route par les Danois.

Est-ce que la catégorie espoirs a encore du sens ?
Écoutez, j’ai déjà dit qu’il fallait supprimer les 21, 22 ans. Attendez, les meilleurs espoirs appartiennent déjà au ProTeam ou dans les équipes de deuxième division. Le rôle des cadres techniques à la fédération, il est sur les jeunes de moins de 20 ans. J’ai déposé un projet : U20, U18, U16, U14. On m’a dit que j’étais fou. Le premier gars qui a dit que la terre était ronde était fou aussi… Désolé, la catégorie U23 n’a plus aucun sens. Si tant est qu’il en ait jamais eu un.. Idem, le Tour de l’Avenir a un sens pour les moins de 20 ans. D’ailleurs, Bernal, Pogacar et Gaudu ont gagné le Tour de l’Avenir à 20 ans.

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La Grande Interview : Clément Bétouigt-Suire. Direct Vélo Novembre 2018. 

« Arrêtons de vendre du rêve aux jeunes » !

Par Nicolas Mabyle Directvelo. Le 29 Novembre 2018.

C’est l’histoire d’un jeune homme promis à un très grand avenir, et dont les rêves se sont écroulés en quelques mois. Fin 2015, Clément Betouigt-Suire passait à quelques centimètres du titre de Champion du Monde Juniors sur le circuit américain de Richmond, en Virginie. Une performance on ne peut plus prometteuse pour un garçon qui avait déjà gagné deux fois avec l’Équipe de France, sur des manches de Coupe des Nations, quelques mois plus tôt. Le Girondin est l’un des phénomènes du peloton international et il signe dans la réserve de la Team Sunweb dès sa sortie des rangs Juniors. Son grand-père, Jacques Suire, qui a notamment participé à deux Jeux Olympiques dont ceux de 1960, à 17 ans seulement, ne tarit pas d’éloges sur son petit-fils. “C’est un futur Bernard Hinault”, lâchait-il à l’époque. “Tout le monde connaît les cycles Suire sur Bordeaux. Quand tu es un petit Suire, tu dois gagner des courses”, rigole Clément. Sauf qu’il a, entre temps, perdu la flamme. Le garçon est “totalement blasé” et ne trouve plus aucune raison d’aller s’entraîner. Au printemps 2017, au fin fond de la campagne croate, le voilà qui jette l’éponge pour de bon. Il abandonne ses équipiers de la Sunweb lors d’une séance d’entraînement, pose son vélo sur le bas-côté et demande à ses directeurs sportifs de le ramener à l’hôtel. Le garçon n’a plus enfilé le moindre dossard depuis. Après une longue traversée du désert, l’athlète de désormais 20 ans envisage de faire son retour à la compétition. Dans la peau d’un homme nouveau, mais non sans avoir tiré les leçons du passé. Il souhaite d’ailleurs mettre en garde les jeunes sur les dangers d’une pratique trop excessive de leur discipline sportive durant leurs plus jeunes années.

DirectVelo : Ta dernière apparition en compétition remonte au 1er avril 2017. Comment vas-tu depuis ?

Clément Bétouigt-Suire : J’ai fait un burn-out, on peut le dire. Je restais chez moi pendant des journées entières, à ne rien faire. Je ne voulais pas sortir. Pourtant, j’avais ma famille, ma copine… D’ailleurs, ça devenait compliqué même avec ma copine. Elle essayait de me bouger mais je ne savais plus quoi faire de ma vie. J’ai vécu des moments vraiment difficiles et je n’oublierai jamais cette période. Je devais reprendre la compétition au GSC Blagnac, début 2018, mais ça ne s’est pas bien goupillé. Je ne me sentais pas encore prêt à reprendre. J’étais toujours dans cette phase où le vélo me dégoûtait totalement. J’en avais tellement marre du vélo que je préférais même aller à la boulangerie à pied plutôt qu’à vélo.

Tu as passé un an et demi enfermé dans ta chambre ?

Non, pas du tout. J’ai eu des périodes très difficiles, mais je ne voulais pas totalement me morfondre non plus. J’ai fait des choses. Je me suis rendu compte de ce qu’est la “vraie vie”, à côté du vélo, en bossant dans la société de transports de mon père. Avant ça, j’ai travaillé un peu partout en intérim, sur les chantiers, dans des secteurs qui ne me plaisaient pas. Mais j’ai appris. J’ai vu d’autres choses, d’autres secteurs, d’autres gens, et ça m’a fait du bien.

« J’AI FAILLI NE MÊME PAS ALLER AU MONDIAL »

C’est donc grâce au travail que tu as relevé la tête ?

C’est d’abord et surtout grâce à ma copine. On vivait déjà ensemble et elle me disait de me réveiller. Et puis, d’autres personnes ont réussi à me convaincre de ne pas me laisser abattre. Je pense notamment à Thomas Boudat. En juillet, il était sur le Tour de France et même là, il a pris le temps de m’appeler pour me dire de me bouger le cul (sourires). Franchement, ça m’a beaucoup touché. Et j’ai fait l’effort de me ressaisir.

Y’a-t-il des personnes, dans le monde du cyclisme, qui t’ont toujours soutenu pendant cette période très difficile ?

J’ai pu compter sur quelques personnes, oui. Rares, mais précieuses. Je pense notamment à Julien Thollet (le sélectionneur national de l’Équipe de France Juniors, NDLR). Il m’a appelé plusieurs fois pour prendre de mes nouvelles. Il a toujours été attentionné et c’est quelque chose qui m’a fait du bien. Je le remercie pour cela. C’est celui qui a pris le plus régulièrement de mes nouvelles. D’ailleurs, il m’a encore appelé il y a deux mois de cela. Je n’oublie pas non plus que lorsque je courais, il m’a toujours laissé ma chance en Equipe de France, même lorsque ça allait moins bien et que je commençais déjà à douter.

C’est à dire ?

J’ai eu des périodes de gros doutes dès ma première année chez les Juniors. J’ai terminé 2e du Championnat du Monde à Richmond, aux Etats-Unis, mais ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que j’étais déjà mal à cette période-là et en fait, j’ai failli ne même pas aller au Mondial ! Je ne voulais pas y aller. J’avais d’ailleurs bâché sur une autre course quelques jours plus tôt. Après ça, je me suis retrouvé à discuter pendant 2h30 dans une chambre avec Julien (Thollet) et Fabrice (Brochard), le préparateur mental. Ca n’allait pas. Je voulais rentrer chez moi et arrêter le vélo, déjà… Mais Julien avait trouvé les mots et il m’avait remotivé. Une semaine plus tard, je gagnais une course. Puis j’ai été à quelques centimètres de devenir Champion du Monde.

Que s’est-il passé pour que tu n’aies plus l’envie de faire du cyclisme, toi qui faisais partie des plus grands espoirs mondiaux chez les Juniors ?

Beaucoup de choses se passent à cet âge-là. Lorsque tu es Junior ou Espoir, tu es à un âge où tu peux être très tenté par tous les “à-côté” : c’est la période durant laquelle tu passes ton permis, où tu commences à sortir, à vouloir aller draguer les filles, aller faire des apéros avec les potes… Bref, du classique. Sauf que quand tu es sportif de haut-niveau, tu dois te priver de toutes ces choses-là, très souvent. Et à 18 ans, ce n’est pas simple ! Certains en ont juste marre et finissent par craquer.

« ON M’A DÉGOUTÉ DU VÉLO, ET ON DÉGOÛTE TROP DE JEUNES »

C’est la raison de ton propre “craquage” ?

Pas vraiment car en réalité, je dois avouer ne jamais avoir fait totalement le job. Je ne faisais pas n’importe quoi non plus, mais j’ai toujours aimé profiter, voir mes amis etc. Je ne me privais pas. En fait, j’étais simplement dégoûté du vélo. Et en plus, j’ai pris plusieurs grosses gamelles qui ont fini de m’achever. C’en était de trop. J’en avais marre de rouler, d’aller m’entraîner. J’étais blasé.

Mais pourquoi ?

On m’a dégoûté du vélo, et on dégoûte trop de jeunes ! A nous prendre pour des pros quand on est encore que des gamins, en Cadets… Il ne faut pas proposer des sorties de trois heures à des Cadets au mois de novembre ! A un moment donné, il faut juste arrêter les conneries ! C’est honteux ! Pourquoi nous met-on dans cette situation ? Ce n’est pas de notre faute. Quand on a 14 ou 15 ans, on ne réalise pas. Mais les adultes qui nous font faire ces choses-là devraient cogiter un peu plus… A l’époque, il m’arrivait de courir en Rhône-Alpes, puis de monter sur Paris le lendemain, et de me retrouver vers Bordeaux le surlendemain. Tout cela avec l’école en parallèle. Sérieusement ? J’aurais aimé moins en faire. Mais bon, je me disais qu’il fallait passer par là, que ça faisait partie du parcours à suivre pour faire carrière. Alors je me rassurais en me disant que j’allais gagner ma vie grâce au cyclisme un peu plus tard et que j’allais vivre de superbes moments sur le vélo. On m’a vendu du rêve, mais pour avoir quoi au final ? Pour être dans quel état ? J’utilise encore ce mot, mais c’est dégoûtant.

Tu en veux donc beaucoup à certains éducateurs…

J’ai beaucoup réfléchi à tout ça, et ce qu’il en ressort, c’est que ces gens-là sont souvent des frustrés, qui espéraient réussir une carrière dans le milieu et n’y sont pas parvenus. Ils n’ont pas réussi, et ils veulent, soi-disant, nous éviter de reproduire les mêmes erreurs qu’eux. Mais je me suis souvent pris la tête avec des éducateurs pour ça. Quand tu vois des gamins de 15 ans aller à l’entraînement à reculons… Ce n’est pas normal ! Forcément, on n’a pas la bonne méthode avec eux, on ne leur donne pas envie d’aller rouler le mercredi après-midi. C’est terrible. Ca m’est arrivé. A 16 ans, il m’arrivait déjà de dire à certains : “vous me faites chier avec votre vélo !”. Quand tu en arrives là, en principe, ce n’est déjà pas très bon signe.

Te sentais-tu seul dans ces moments-là, ou avais-tu des compagnons de route qui partageaient les mêmes sensations que toi ?

C’était délicat car je gagnais pas mal de courses, donc je n’avais pas vraiment le droit de me plaindre. Je traversais toute la France, je partais à l’autre bout du Monde pour des événements… Je pense notamment à un déplacement au Canada, à 17 ans. Quand tu aimes voyager, c’est beau. Le premier à qui j’en ai vraiment parlé, c’est Matthieu Legrand. On se comprenait et d’ailleurs, il a même arrêté le vélo avant moi. Sinon, je n’en parlais avec personne.

« J’AI EXPLOSÉ EN PLEIN VOL »

Lorsque tu es arrivé dans la réserve de la Sunweb, dès ta sortie des rangs Juniors, on pouvait t’imaginer prêt à embrasser une grande carrière…

J’ai toujours rêvé de faire carrière dans le vélo et quand je suis arrivé chez Sunweb, c’est comme si je touchais au but. C’était impressionnant, tout était super beau, carré… Je ne manquais de rien. J’avais déjà l’impression d’être pro, en fait. D’ailleurs, le fait d’avoir la même tenue que l’équipe WorldTour rend la chose encore plus vraie… Mais je n’étais simplement pas prêt. Et j’étais surtout au bout du rouleau. Tout le monde me disait : “Tu es fou, tu ne vas pas craquer maintenant… Mec, t’es chez Sunweb !”. Mais bon, j’ai explosé en plein vol et la Sunweb n’y pouvait pas grand-chose. Le mal était déjà fait.

Tu es donc passé du rêve au cauchemar…

Complètement ! Je ne supportais plus rien. Le truc qui m’a le plus gonflé, pendant toutes ces années, c’était de croiser ces personnes qui me demandaient : “alors, comment ça va le vélo ?”. Pourquoi me résumer à un cycliste ? Franchement, ça me saoulait tellement… Parfois, j’avais envie de leur dire : “Tu ne veux pas d’abord me demander comment je vais moi, tout court ?”. Pourquoi parler directement du vélo ? On me demandait où j’allais courir, ce que j’allais faire comme sortie à l’entraînement le lendemain… Pff. Inversement, c’est d’ailleurs ce qui m’a plu quand je bossais aux chantiers, car les gens ne savaient pas qui j’étais. Je me suis retrouvé avec des mecs de 40 ans et on parlait de tout… Sauf de vélo ! Ça m’a fait du bien.

Lorsque tu as décidé de faire un break au printemps 2017, savais-tu que tu ne porterais plus du tout le maillot de l’équipe ?

J’ai été réglo avec le staff de Sunweb. Ils m’avaient proposé de me garder les deux années de contrat, mais je leur ai vite dit que je ne me sentais pas capable du tout de continuer. Je me forçais à l’entraînement. Je me souviens d’une séance de six heures en Croatie. C’était au lendemain d’une course de 160 bornes (le Trophée Porec, en Classe 2, NDLR). Ca me gonflait de rouler autant, à 19 ans… Après trois heures d’entraînement, je suis descendu du vélo et j’ai demandé à ce qu’on me ramène à l’hôtel. Je suis monté dans la bagnole et je ne voulais plus rien savoir. Ce n’était même pas la peine de discuter avec moi… Sur le coup, je me souviens qu’on m’avait dit : “eh bien, si tu veux rentrer à l’hôtel, d’accord, mais en vélo !”. On était encore à 40 bornes de l’hôtel, je leur ai dit que c’était des fous. Je ne voulais pas mettre un coup de pédale de plus.

Tu arrivais à te faire comprendre, en anglais ?

Quand tu es énervé, tu trouves toujours les mots. Et puis de toute façon, je crois qu’ils le voyaient à ma tête… Il n’y avait pas besoin de trop parler.

« J’EN VEUX AUX ÉDUCATEURS »

Et comment l’aventure s’est-elle terminée ?

J’ai simplement demandé à leur parler. Je leur ai expliqué que j’en avais vraiment marre. Ils ont insisté pour que je reste car j’avais réalisé de très bons tests physiques et ils considéraient que j’avais potentiellement un très bel avenir au sein de la structure. Mais il n’y avait plus rien à faire. Ma décision était prise. En plus, sur ma première course avec eux, au Triptyque des Monts et Châteaux, je suis tombé deux fois en deux jours. Comme je le disais tout à l’heure, c’était de trop. J’étais déjà souvent tombé par le passé, et j’avais pris de sacrées gamelles. Je me suis fait opérer de plusieurs clavicules, des dents, du visage… Je n’étais pas prêt à subir encore tout ça.

Les chutes n’ont donc fait qu’accentuer ton envie d’arrêter…

C’est vrai que sans toutes ces chutes, je n’en serais peut-être pas arrivé à un tel dégoût. A chaque fois que je suis tombé, j’ai eu du mal à m’en remettre. Revenir après trois mois sans vélo, ce n’est pas facile. Car tu repars de zéro, tu es nul… Il faut se battre à chaque fois.

Es-tu toujours remonté envers le monde du cyclisme aujourd’hui ?

Oui, bien sûr. J’en veux aux éducateurs, aux accompagnants, a beaucoup de ceux qui ont fait mon parcours pendant mes jeunes années sur le vélo. Ma famille m’aidait, mais pas vraiment le monde du vélo. Il y a trop de choses que l’on ne voyait pas, que l’on ne traitait pas. D’ailleurs, j’en reviens à Julien Thollet mais lui… C’était le contre-exemple. J’aimais son discours lors des stages de l’Équipe de France. Il nous mettait souvent en garde sur plein de choses, sur le fait que nous avions encore beaucoup à apprendre et que rien n’était fait dans notre jeune carrière, même si sur le papier, on pouvait imaginer faire partie des meilleurs coureurs de notre génération. Ce n’est qu’un exemple, mais il avait un discours sage et posé. Et il ne nous prenait pas la tête. J’espère avoir l’occasion d’en parler aux jeunes un jour. Je ne veux pas que d’autres gamins en arrivent au même stade que moi.

Tu aimerais donc faire de la pédagogie auprès des jeunes, les mettre en garde ?

J’adorerais. J’aurais plein de choses à leur dire. Evidemment, il n’y a pas de généralités à faire, et chaque jeune à son histoire. Mais j’aimerais dire aux enfants qu’ils doivent faire ce qu’ils ont envie. Quand tu es Minime ou Cadet, tu dois uniquement te faire plaisir et t’amuser sur ton vélo. Même en Juniors, on peut être ambitieux, mais il faut que ça reste un jeu et un moment de bonheur. Je me verrais bien rencontrer les coureurs de l’Équipe de France Juniors un jour, par exemple. Ca pourrait être une idée avec Julien Thollet. Tu as des gars qui sont en sélection nationale en Juniors, que tout le monde trouve beaux et forts… Sauf que comme par magie, ils ne font plus de vélo deux ans plus tard. Il y a forcément un problème… Malheureusement, ça ne se résume pas qu’aux gamins.

« JE PENSE QUE LA SUNWEB ALLAIT ME RELANCER »

A quoi penses-tu d’autre ?

J’ai déjà vu des parents hurler sur leur gamin parce qu’il n’avait pas gagné une course… Jeter des vélos qui coûtent une fortune par terre… C’est la pire des choses à faire ! Heureusement, je n’ai pas connu cette situation-là. Et puis, c’est encore un autre problème, mais certains enfants se forcent aussi en voulant rendre fiers leurs parents, leurs proches. Or, on ne peut pas prendre de plaisir dans ces conditions. C’est impossible.

Tu évoques la lassitude de certains jeunes, prêts trop tôt… Mais il y a également des coureurs qui enchaînent les victoires dès les Cadets… Et qui font quinze ans chez les pros par la suite !

Bien sûr, il y a tous les types d’exemples possibles et imaginables, comme je le disais à l’instant. Le monde est complexe, et les gens aussi. Je ne dis pas que l’on va forcément se cramer si l’on marche en Cadets. Le meilleur exemple, pour moi, c’est mon ami Thomas Boudat. Il est encore jeune mais on voit qu’il est parti pour réaliser une belle carrière, et il marchait déjà fort chez les jeunes. A chaque fois que je le vois, il est toujours aussi motivé. Même peut-être encore plus qu’avant (sourires). Chaque personne est différente. Quand un Cadet te dit : “je veux passer pro”, il a le droit de rêver et de le penser. Cela peut être positif. Mais il faut rester prudent. C’est tout ce que je dis… Le sujet est tellement compliqué : il y a aussi des coureurs professionnels qui ne sont même plus motivés, mais ils gagnent bien leur vie alors ils restent dans les pelotons tant qu’ils le peuvent, sans envie particulière. On trouve tous les profils dans un peloton de cyclistes. Moi, je veux y voir des gens heureux d’être là.

Tu fais référence à l’argent : tu n’as jamais pris cette donnée en compte avant d’arrêter ?

Mes parents me disaient : “rends-toi compte de l’argent que tu pourrais gagner en faisant carrière dans le vélo”, mais je m’en foutais. A ce stade-là, gagner 1000 ou 10000 euros par mois ne me faisait absolument pas rêver. Ça me saoulait tellement que l’argent ne pouvait rien changer.

Tu t’es montré critique envers différentes personnes en retraçant ton parcours. Considères-tu avoir également fait des erreurs personnelles ?

Bien sûr ! On fait tous des erreurs. Et de toute façon, je n’ai même pas envie de jeter la pierre à des gens juste pour le plaisir de… Je veux simplement essayer de trouver des solutions pour la nouvelle génération. Pour revenir à mon cas personnel, il y a forcément eu ce choix d’aller dans la réserve de la Sunweb dès ma sortie des Juniors, dont on peut discuter.

« PARTICIPER AUX CHAMPIONNATS DE FRANCE SUR PISTE »

Tu le regrettes ?

Je ne sais même pas si c’est vraiment une erreur, car je n’avais déjà plus envie de faire du vélo. Je pensais que ça allait me relancer, me motiver. J’aurais eu le même souci en DN, je pense. En quelques mois seulement à la Sunweb, et sans avoir vraiment couru, j’avais déjà pu acquérir des bases d’anglais, par exemple, qui me sont toujours utiles aujourd’hui. Ce n’est pas un regret.

Avec le recul, penses-tu t’être vu trop beau à un moment donné ? Tu gagnais beaucoup de courses. Paradoxalement, peut-être que tu ne voyais pas l’intérêt de t’entraîner dur, de courir après des buts… si c’était trop facile ?

Non, vraiment pas. Sincèrement, j’ai toujours eu conscience qu’il y avait des mecs plus forts que moi. Quand j’allais rouler avec Thomas Boudat et d’autres à l’entraînement, je prenais des branlées. Je n’ai jamais considéré être l’un des plus forts. De toute façon, ça ne se joue pas sur la force “brute”. Tous les ans, on voit des mecs passer pro et réussir alors qu’ils n’étaient pas les plus forts sur le papier. Mais ce sont ceux qui avaient le plus envie de réussir. D’autres, plus forts, sont passés à côté. Il y a 50 exemples comme ça.

Où en es-tu aujourd’hui ?

La pratique du cyclisme a fini par me manquer, et je me suis remis à rouler, doucement mais sûrement. J’ai toujours essayé de m’entretenir un minimum, en faisant du foot, du rugby… Maintenant, je roule. Je suis loin de mon niveau de l’époque. J’ai repris les sorties, mais il n’y a rien de fou en terme de durée, de distance et d’intensité. Une fois, j’ai fait 140 bornes à l’entraînement et j’étais mort le lendemain (sourires). Mais j’ai confiance à l’idée de retrouver un bon niveau, et la compétition.

C’est le but ?

Je vais reprendre au plus bas de l’échelle, en 3e catégorie. Ce sera pour me faire plaisir et pour m’amuser chaque week-end, sans avoir la prétention de vouloir passer pro en fin d’année (rires). J’ai envie de retrouver un bon petit niveau petit à petit, mais d’abord pour m’amuser. J’ai envie de participer aux Championnats de France sur piste, par exemple. Ça m’intéresse. On pourrait réentendre parler de moi bientôt.
Directvelo Nicolas Mabyle Novembre 2018.

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Mon avis personnel

Les Jeunes et le cyclisme aujourd’hui (2018)
Extraits de mes Mémoires vélo.
https://vloweb.wordpress.com/imagine-carmaux/mes-memoires-velo/

Fort de mon expérience et de mon vécu de la pratique du vélo, on dit souvent que c’est en faisant des erreurs et de les avoir vécu, qu’on est deux fois plus sûr de donner les bons conseils. Mais parfois les conseilleurs ne sont pas les bons payeurs ! Bref, sur ce paragraphe je donne mon avis de ce que je pense aujourd’hui (2018) des jeunes et le cyclisme. Ce paragraphe est aussi destiné aux éducateurs et aux personnes qui désirent former, ou transmettrent la passion du vélo aux plus jeunes. Certes on est plus dans les années 80, mais l’évolution, les nouvelles technologies ont-elles vraiment amené de meilleures choses pour affirmer que c’est mieux aujourd’hui qu’avant ?  J’ai travaillé pendant de longues années en tant qu’animateur de loisirs auprès des jeunes, auprès des enfants, et je peux vous dire que je connais bien leurs idées et de ce qu’ils pensent du sport en général. Pour certains le cyclisme sur route est un sport de vieux ! A vrai dire, depuis que de nombreuses disciplines et de façons différentes de faire du vélo sont apparues, (BMX, VTT, Cyclosportives, Randonnées, Cyclotourisme, Cyclo-cross, Compétition, école de vélo,…) on peut affirmer que le cyclisme sur route est vieillissant. Mais lorsque je vais sur les compétitions des écoles de vélo, je m’aperçois qu’au final, bon nombre d’enfants sont encore bien présent à s’initier au cyclisme sur route. Vous avez bien lu, s’initier ! Qui veut simplement dire découvrir. La question, est alors, que veut-on leur apprendre ? Est-ce qu’on veut faire de futurs champions ? Est-ce qu’on veut que l’enfant puisse continuer à faire du vélo plus tard ? Ou veut-on à tout prix que l’enfant puisse faire pareil, comme papa, de père en fils ? Ou bien alors on s’en fout ! Il fera ce qu’il voudra plus tard ?! Difficile, puisque l’enfant va avoir de longues années à passer devant lui. Le passage au collège, au lycée puis l’entrée dans la vie active, la construction d’un cercle familial, etc …
OK ! On est tous d’accord pour dire que partager et transmettre sa passion aux plus jeunes sera plus facile lorsque l’enfant aura grandi et qu’on devra attendre qu’il ait un âge plus avancé pour savoir ce qu’il veut faire réellement. 
Mais là n’est pas le plus important, c’est une généralité que tout le monde connait, mais faut-il encore la comprendre, car mon coup de gueule est de voir sur les courses des plus jeunes, (Benjamins, minimes, …) certaines personnes, éducateurs, parents, crier sur l’enfant qui viens de se faire distancé par le groupe de tête lors d’une compétition:

– « Mais qu’est-ce que tu fais ? Dépêche-toi, tu peux les rattraper ! Debout sur les pédales et fonce ! Tu sais mieux faire que ça ! … »

Encouragement ou démotivation ? Lorsque je voie certains enfants pleurer sur leur vélo en course, je me demande s’ils ne sont pas dégoûtés ? Quel est leur sentiment à ce moment de la compétition ? A la place de leur crier dessus, dite-lui que ce qu’il fait est super, même si il est distancé par le peloton, dite-lui que d’autres coureurs comme lui sont aussi derrière distancé et attend-lès pour que vous puissiez rouler ensemble ça sera moins difficile, dite-lui que ce n’est pas grave que le plus important est de participer et surtout de se faire plaisir. Dite-lui que si il ne se sent pas bien qu’il peut arrêter s’il a envie.
Oui c’est vrai, que pour certains enfants ils le prendront comme un échec. De voir que ce sont toujours les mêmes qui gagnent, que ce sont toujours les mêmes qui sont devant et réussissent, l’enfant se démotivera, alors pas la peine d’en rajouter à sa peine, je l’ai vécu, et on connait la suite.
Ce qui est compliqué est que lorsque on est jeune, et c’est normal, on ne pense qu’à la compétition, on ne pense qu’à vouloir gagner, être fort, on rêve de devenir comme les pros que l’on voit à la télévision. On ne pense qu’à se construire un avenir de sportif professionnel et on veut que ça aille vite. Difficile alors d’expliquer à l’enfant que l’avenir d’une passion, n’est peut-être pas ce que le môme peut s’imaginer. L’enfant n’a pas de regard et ne peut se projeter sur ce qui l’attend, son avenir n’est pas encore tracé. C’est à nous, adulte de lui expliquer et lui faire comprendre qu’il a le temps de choisir ce qu’il voudra faire plus tard. Imaginez dire à un gamin  que gagner n’est pas important ! Il ne va pas comprendre et va vous répondre illico pourquoi je cours alors ? Pour perdre ? Dite-lui alors qu’il est là pour découvrir et apprendre, qu’il ne doit pas se fier aux autres, qu’il doit avant tout se défier à lui-même, d’essayer de faire mieux de ce qu’il avait fait la dernière fois. De bien analyser et de regarder comment se déroule les différentes phases de la course, de reconnaître ses erreurs pour mieux les appréhender la prochaine fois. Une des phrases que j’ai  retenu, et qu’on me disait lorsque j’étais jeune et que je râlais parce que je n’avais pas réussi était :

– « Il y a 100 coureurs au départ, un seul gagne ! »

C’est ce genre d’affirmation qui calme un peu la colère d’avoir perdu et qui nous remet en question pour mieux réfléchir pour la suite.
Devant tous ces constats, l’adulte doit être prévenant et est le seul capable de bien éduquer l’enfant à la pratique sportive. L’adulte est référent et doit suivre et comprendre ce que l’enfant ressent pour mieux le diriger vers un avenir sportif les plus adaptés à son niveau, à ses envies et à ses besoins. Ainsi, l’enfant aura des repères et pourra choisir et saura ce qu’il devra faire pour construire sa passion au mieux. 
Comment choisir alors la meilleure discipline pour que le jeune puisse s’épanouir pendant de longues années dans son sport favori ? Est-ce que les écoles de vélo compétions sont un bon exemple ? Ou est-ce que peut-être le mieux est de débuter dans les écoles de cyclotourisme ? Est-ce que le mieux est d’initier le jeune par les randonnées VTT ? Tant de questions qui restent sans réponse tant que l’adulte ou l’éducateur ne connaîtra pas au mieux ce que le jeune a envie.
A une époque, quant j’étais plus jeune, on critiquait les enfants qui faisaient plusieurs sports. Aujourd’hui, avec le recul je pense que c’est un bon procédé car l’enfant goûte à tout et pourra mieux choisir plus tard celui qui lui va le mieux. Ne pas forcer l’enfant à faire ce dont peut-être il ne ferra plus jamais plus tard est une des meilleures solutions. Lorsque on voie certains jeunes cyclistes, minimes, cadet qui ont eu de très belles victoires et qui plus tard on ne les voie plus dans les classements et même certains qui arrête la pratique du vélo, pourquoi s’affoler et s’acharner sur eux ?
Alors par pitié ! Arrêter de crier sur ses jeunes sur leur vélo ils font ce qu’ils peuvent et c’est déjà très bien !
Le vélo, le cyclisme est une discipline qui s’apprend avec le temps. Il y aura toujours des plus doués et d’autres qui seront plus faible, la tendance peut  changer, mais le plus important reste le plaisir avant tout. En 2011, lorsque le Tour de France était sur Carmaux, le groupe d’enfant du projet les petits reporters avaient fait l’interview de Stéphane Poulhiès coureur professionnel à cette époque chez Saur Sojasun qui expliquait aux enfants qu’au début le plus important était de faire du vélo en balade en s’intéressant à la géographie et découvrir les lieux de notre département, de notre région, pour mieux connaitre les routes et ses dangers. Puis, aussi, apprendre sur les parcours emménagés pour améliorer son équilibre, son agilité pour mieux  assurer sa protection et sa sécurité. La compétition, suivait-il, viendra bien assez tôt lorsque la pratique du vélo deviendra alors un jeu.
Seul ou à plusieurs, en famille, du plus jeune au plus âgé, de la compétition à la balade, s’épanouir sur sa bicyclette, la pratique du vélo doit rester et resteras un jeu. Doit-on réellement se prendre tout le temps au sérieux ? C’est une activité qui se doit de nous donner des joies, des rires, de l’amusement. Le vélo doit se vivre comme une fête, et ne pas se prendre la tête ! Il y a des choses bien plus importantes. Une pratique qui devra rester comme un bien pour son physique, pour garder la forme, jusqu’au supportable de ses limites, et surtout pas une pratique pour se blesser, se faire mal à s’en dégoûter pour toujours. Chacun en fera ce qu’il voudra, à chacun son rythme, c’est ça le plaisir de rouler et la vrai passion du vélo. Lorsque on arrivera a faire comprendre cela aux plus jeunes, alors on aura réussit à partager notre passion.

Pour être complet sur cet article des jeunes et le cyclisme voilà ce qui se disait en 2017, sur un forum du Net :

 – L’intérêt d’un jeune pour un sport dépend bien souvent à la fois de son entourage familial et des médias (qui dépendent eux-mêmes des résultats des sportifs français).
– Si Voeckler ou un autre Français avait gagné le Tour, cela aurait un formidable impact au niveau des médias. D’où, sans aucun doute, une forte progression des effectifs dans les écoles de cyclisme, en minime, en cadet et en junior à la rentrée.
– Du côté familiale, certains parents naïfs qui pensent que le dopage est généralisé dans le cyclisme et pas ailleurs voudront protéger leurs enfants. Ils ne feront donc aucune éloge du cyclisme au sein du cercle familial, mais n’hésiterons pas à se pâmer devant telle équipe de football, malgré la mort sur le terrain de sportifs (puisque rien n’est prouvé) ou tel pilote de F1 qui ne peut pas être dopé… puisqu’il n’est pas contrôlé !
– Et puis, le vélo, physiquement, c’est dur : personne ne peut pédaler à ta place dans une course, comme en natation ou en course à pied et contrairement aux sports collectifs où tu peux toujours te faire remplacer ou donner la balle à ton voisin.
– Enfin, dernière chose : il est très facile de se faire plaisir en faisant du vélo en tant que loisir sans en faire un sport de compétition qui est forcément contraignant, et ce, quel que soit le sport, puisqu’il faut s’entraîner régulièrement avec les autres membres de l’équipe.
– Je pense qu’avec tous les scandales liés au cyclisme, ce sport devient moins populaire, les jeunes préfèrent sûrement se tourner vers le football, qui est plus facile d’accès (acheter un ballon revient moins cher qu’acheter un vélo) et moins dangereux.